Pakistan, le retour
Lundi 15 Mars
Nous revoilà assis sur les bancs pour assister à la cérémonie de clôture de la frontière indo-pakistanaise, la seule ouverte pour les
véhicules : « Wagha Border », en compagnie d’autres overlanders, notamment une des familles que nous avions rencontrée à Delhi. Encore une fois, le spectacle nous étonnera, avec ses
gardes immenses (ils font tous 2 mètres de hauteur !), ses chauffeurs de salle, et crieurs aux 4 poumons !
la tribune des hommes, et les VIP devant
au fond, les indiens, beaucoup plus nombreux
le percussioniste et son dhol
les gardes, tous plus grands les uns que les autres
Papy chauffe, pas besoin de voix, mais quelle présence !
il est parfois difficile de garder son sérieux
Ce soir, nous avons hâte de retrouver la petite équipe de l’hôtel où nous avions passé une superbe dernière soirée en
2009. Arif est là, les retrouvailles sont émouvantes ! Zaheed, le manager de l’hôtel originaire de Gilgit dans les montagnes, est là lui aussi, puis on retrouve petit à petit tout le monde, rien
n’a bougé !! Malheureusement, pas de dholak, Arif l’aura demain : pas grave on est tellement content d’être là qu’on décide de rester une nuit de plus…
Cet endroit est un véritable havre de paix, surtout quand on sort d’un pays aussi épuisant que l’Hindustan (l’Inde en hindi), mais bon, malgré
le grand carré de verdure qui s’étend entre nous et l’hôtel, les imams sont là pour nous rappeler que nous sommes dans un pays musulman, et la première prière de 5h nous réveillera en sursaut
!
Jeudi 18 Mars
Arif a dû partir en urgence car sa femme est malade, pas possible de l’accompagner, les gens d’ici nous préviennent que ça
chauffe un peu à Lahore, il vaut mieux rester ici attendre que cela se calme. Dans l’après-midi, la route est libre, nous pouvons quitter cet endroit improbable, sans pouvoir payer nos
consommations que Zaheed nous offre avec générosité. Cette frontière semble être vraiment unique au monde, malheureusement sans un seul souvenir (enregistrement, photo) de notre expérience, mais
le plus important bien sûr, c’est que cela se conserve dans nos têtes…
L’arrivée à Lahore nous rappelle très vite que nous sommes de retour dans un pays pas très sûr : un check-post nous
retiendra une demi-heure, pour enfin nous laisser repartir avec le sourire et les saluts des gardes policiers, c’est ça le Pakistan ! Nous nous poserons cette fois au Lahore Backpackers, nouvelle
adresse voisine du Regal Inn Internet, sur les recommandations de Zaheed. Là, nous apprendrons qu’il n’y avait aucun problème sur Lahore aujourd’hui, visiblement l’info n’était pas juste, mais
nous ne saurons jamais si cela était volontaire ou non…
Niamat Ali, notre humble serviteur du "Lahore Backpackers"
Niamat Ali, garçon très serviable du Lahore Backpackers, nous emmène sur le champ assister à une nuit soufi (tous les jeudis soirs en réalité). Wouaouh, quelle claque !!! Deux percussionnistes avec leur Dhol, grosse percussion frappée de chaque côté par un bâton de taille et de forme différentes, surpuissants, un troisième à la derbouka : cette musique de transe se joue pendant 4 heures durant, où des danseurs se mettent à tournoyer sans cesse et secouer la tête avec une violence extrême, nous sommes subjugués par ce spectacle d’un autre monde, et encore plus quand nous apprendrons plus tard que Goonga Sain, le maître percussionniste, est sourd et muet !!!
la nuit sufi : ça tourne tellement vite qu'on ne peut distinguer leur tête !
La culture soufi est encore très présente dans cette région du Punjab pakistanais, et nous découvrons une nouvelle
facette de son art musical, après les chants poétiques et mélancoliques d’Arif et ses amis.
Le lendemain, c’est vendredi, jour de fermeture des lieux publics musulmans, il faudra attendre lundi pour s’occuper
de nos visas iraniens, nous en profitons pour partir visiter Hiran Minar, à 50 Km de Lahore.
Samedi 20 Mars
Nous arrivons en fin de journée, mais le garde de Hiran Minar ne nous permet pas de rester là pour la nuit (il s’agit d’un ancien parc aux cerfs aménagé du temps des Moghols au 18è siècle). Pas grave, on se poste devant l’enceinte, on verra demain, mais ici au Pakistan, cela ne se passe comme cela : Abid, un jeune étudiant vient nous voir et nous recommande de ne pas rester là cette nuit, il veut absolument que nous venions chez lui dans le petit village d’en face, c’est plus sûr. Nous acceptons l’invitation, et quelle invitation ! Quand un pakistanais vous invite, c’est pour au moins une semaine, il faut tout manger ce que l’on vous présente, dormir dans la maison et pas question de refuser !!! On s’en tirera avec le repas du soir, la chambre à coucher, et le petit-déjeuner (gargantuesque) du lendemain, en insistant que nous n’avons pas beaucoup de temps et que nous désirons absolument visiter Hiran Minar avant de devoir retourner sur Lahore le dimanche après-midi. L’accueil aura été des plus chaleureux, on a fait le tour de la moitié des oncles et l’échange culturel se révélera très riche en enseignements. Evidemment, l’essentiel du temps, nous serons séparés, Mélanie avec les femmes, et Julien avec les hommes ! Pour manger, on est seul, avec le fils aîné, les autres nous regardent, ouais bon, un peu intimidant quand même ! Nous repartirons, avec des cadeaux en prime (tchador et tenue complète pour Mélanie et riz sucré et coloré en guise d’entremets). La journée du dimanche se passera sous la protection d’Abid et Ali, son meilleur ami qui parle un très bon anglais. On fera même un tour de bateau avec le gardien qui se révélera très bon chanteur, poète et flutiste. Le pique-nique, organisé par des jeunes rencontrés la veille nous surprend : ils sont très bien organisés, avec la sono, le poulet biryiani préparé par une des mamans, tapis, chicha, couverts, boissons, on est comme des coqs en pâte !! Mais le temps passe vite, il nous faut retourner dans la pollution et la circulation folle de Lahore, nous devons dire au-revoir à ce petit havre de paix et de verdure, merci Abid pour l’incroyable accueil que nous a réservé ta famille !
Hiran Minar, Abid, Ali, les enfants du village
Pique-nique pakistanais, top organisation !
L'après-midi, de retour à Lahore, on nous propose de nous emmener voir un mariage pakistanais... Arrivés sur les lieux nous sommes un peu "choqués" car c'est le moment où la famille des mariés donne de l'argent aux enfants du village... Mais cette distribution tourne vite à la bagarre générale. Inutile de dire que notre arrivée fut légérement mouvementée... Mais très vite, l'ambiance redevient bon-enfant. Mélanie aura l'honneur de passer un peu de temps avec la mariée, d'une beauté naturelle époustouflante. Nous finirons la soirée en compagnie d'un des oncles et de sa famille.
Lundi 22 Mars
Enfin ! Nous venons de recevoir notre code d’autorisation pour le visa iranien 40 jours après la demande, et la
confirmation que nous pouvons lancer la procédure pour récupérer les visas, à Lahore. Ok, on appelle directement : le Consulat est fermé pour Nowrooz, le nouvel an iranien, et cela pour 3 jours….
GRRRRRH ! Décidément, ce visa nous fera faire des cheveux blancs !
Qu’à cela ne tienne, nous en profiterons pour nous occuper de Zinzin, il en a bien besoin, et puis nous lui avions
promis de lui refaire une santé au Pakistan, les mécanos sont très réputés ici. Niamat Ali nous conduit vers Wajid. Ce vieil homme à la barbe grisonnante, d’une extrême gentillesse et cultivé,
nous accueille dans son garage (plus un terrain vague qu’un véritable garage) à deux pas de la guest-house. On changera le joint supérieur du moteur (cache-culbuteur) et deux pièces complètement
mortes au niveau des lames de suspension avant, normalement recouvertes de caoutchouc, mais il a totalement disparu. Le bruit de claquement que nous avions depuis la France s’était intensifié de
manière inquiétante, surtout après les routes du Ladakh. Malheureusement, ces pièces ne sont pas disponibles sur Lahore. Pas de souci, Dr Wajid va les fabriquer !!! Ils sont trop forts ces
pakistanais ! Résultat : ça marche ! Vu la confiance qu’on lui porte, on en profite pour lui poser 1000 questions sur le camion : bruits, comportements bizarres. Il nous rassure point par point,
nous faisons la vidange, redressons le capot avant, travail qu’avaient bâclé les carrossiers indiens de Goa, pfff. Résultat des courses, 5500 roupies pakistanaises (50 €), dont 1500 de main
d’œuvre (12 €), autant dire une broutille pour 1,5 jour de travail à 3 ouvriers !!!
Jeudi 25 Mars
Le Consulat iranien n’a toujours pas reçu le code d’autorisation, il faut rappeler samedi, demain c’est fermé (le
dimanche pour les musulmans) : oui, bon, on n’est plus à un jour près…
Samedi 27 Mars
Toujours rien, rappelez lundi !
Dimanche 28 Mars
Nous profitons de ce jour pour joindre Arif et prendre des nouvelles de sa femme. Il nous apprendra qu’elle a été
transférée à Lahore, c’est l’occasion pour nous d’aller le voir et le soutenir dans cette épreuve. Cette journée marquera profondément Mélanie de part la dure réalité et les injustices de ce
pays, mais aussi par la force des gens qui y habitent…
Dans un état critique lors de notre visite, nous apprendrons par la suite que sa femme va aujourd’hui beaucoup mieux,
nous sommes de tout cœur avec vous et nous ne vous oublierons jamais. Merci pour cette belle leçon de vie.
Lundi 29 Mars
Bon, on y va directement cette fois, ils doivent bien l’avoir égaré, ce numéro, normalement il y a 3 jours de délai
entre la réception par mail et celle au Consulat !!! Ben non, toujours pas, les numéros se suivent, et là, on n’en est pas encore au notre, grrr ! On commence à se plaindre sérieusement, et le
gars semble compréhensif, bien qu’il soit impuissant ; il décide de nous faire gagner du temps et nous propose d’aller d’ores-et-déjà faire faire nos empreintes digitales à un poste de police, ce
sera fait ! Ni une, ni deux nous fonçons à l’adresse indiquée, avec la petite appréhension de se faire plumer : en effet, il est connu qu’à Delhi, tout est organisé pour que l’on crache plein
d’argent à divers intermédiaires pour obtenir ses fichues empreintes certifiées… Oh surprise, ce fut un vrai jeu d’enfant, et gratuit qui plus est ! Au Pakistan, les flics sont nos amis
!
Mardi 30 Mars
Ca y est ! Le code tant attendu est arrivé !! Au Consulat, nous voici cette fois-ci reçus dans une pièce à part, bien
plus confortable, on fait le dépôt de la demande, on paye à la sortie, et rendez-vous en fin d’après-midi… Quoi, dans la même journée ? On croit rêver, ma parole !
16hoo, nous sommes devant l’entrée fermée, il va falloir attendre l’ouverture qui a l’air de tarder. 2 heures plus
tard, la porte s’ouvre et la distribution des passeports se fait directement à la volée, et nous obtiendrons enfin notre sésame, pour une durée de 30 jours, le maximum possible en tant que
citoyen français ! Hourra !!! Presque 3 mois après le début de nos investigations, ce dernier visa nécessaire pour rentrer nous aura bien fait suer !!
Ayant passé 12 jours à Lahore, nous prenons immédiatement la route, à la recherche de nature, loin de la pollution,
et faisons cap sur Multan. Premières difficultés pour se poser où l’on désire : aucun hotel ne veut de nous sur son parking, nous devons nous résoudre à chercher un poste de police. Une fois
posés dans les quartiers généraux, nous pouvons profiter de la ville le lendemain.
les enfants de la police de Multan, après la séance de maquillage
Lorsque nous partons, les flics nous retiennent et veulent absolument nous coller une escorte : ah non, pas déjà, s’il-vous-plaît !! Nous partons sans attendre, mais un de leur véhicule nous rattrapera dans la ville, pfff. Sur la Nationale, nous commençons à jouer avec eux en leur faisant signe de nous foutre la paix, mais dans un esprit bon enfant, pour eux comme pour nous. Le soir venu, nous décidons de nous arrêter sur le parking d’une station service, bien décidés à ne pas se laisser faire par l’escorte. Un jeu commence entre eux et nous, Julien plaisante avec le chef, Mélanie s’amuse à se cacher sur le parking pour semer les gardes… Et en profite pour prendre les camion en photos.
une de nos premières escorte, ambiance bon-enfant, malgré notre refus d'être escortés dans cette région
les camions pakistanais, de véritables oeuvres d'art ambulantes
Ils sont surpris et usent de tous leurs efforts pour ne pas partir en fou rire (ce sont des forces de l’ordre tout de même, un peu de sérieux!!!) mais insistent pour que nous continuions encore 2 kms, et après plus de 30 min de négociation, nous cédons, mais pas 1 km de plus!!! Arrivés au péage, Mélanie descend du camion et demande à ce que se soit les policiers qui payent ! Après tout, nous ne voulions pas bouger au départ !!! Les policiers tellement surpris et amusés par notre comportement acceptent sans discuter. Mais l’escorte change à nouveau, nous atterrissons sur un parking d’hôtel où nous refusons de payer un centime et encore moins de prendre une chambre. La nouvelle escorte n’avait pas prévu ça… Ils appellent leur responsable qui se déplacera pour nous parler. Le problème qui se pose, c’est que si nous dormons dans le camion, ils doivent poster un garde sur le parking pour la nuit, sinon nous devons les suivre et dormir sur leur parking… Nous sommes fatigués et ne voulons pas d’escorte. Le chef très compréhensif, nous explique cependant que maintenant que nous sommes « repérés », ils ne nous lâcherons plus jusqu’en Iran!!! Nous finissons par accepter de les suivre, tout en se promettant que ce sera la dernière escorte d’ici Quetta!!!
Le lendemain, nous reprenons la route avec escorte, mais nous avons en tête de faire un petit détour dans le désert,
bien que nous savons pertinemment que les policiers ne nous laisserons pas faire. Coup de chance : la dernière escorte avant l’embranchement a des soucis de voiture il nous font signe de nous
arrêter. « C’est le moment, plein gaz ! » Quelques détours et les voilà semés ! C’est parti pour le désert du Cholistan !!! Ouais, bien joué !! On va quand même pouvoir faire un peu les
touristes librement ! Aller, hop, on va voir à quoi ressemble le Fort de Deralwar… Tout droit sorti des sables, le fort se dresse au loin majestueusement, tel un château de sable en taille réel !
A ses pieds, une mosquée très ancienne tout en marbre, magnifique. Et pas très loin d’ici, la frontière indienne. Peu de temps avant de repartir, nous retrouverons un des policiers rencontré la
veille, il fait partie des services secrets pakistanais et il assure la sécurité d’un bus d’occidentaux (certainement pas des touristes comme nous visiblement). Amusé de nous voir ici sans
escorte il n’en dira pas plus, il sait pertinemment que nous ne craignons rien dans cette région…
le fort de Derawar et sa magnifique mosquée, le tout en plein désert
Direction Uch Sharif : autrefois un des lieux principaux du soufisme au niveau du sous-continent indien, les vestiges des mausolées et mosquées de l’époque ont souffert du temps et plus récemment des dramatiques inondations qui ont frappé la région il y a 6 mois.
Uch Sharif et ses mausolées, malheureusement détruits par les inondations de 2010
Julien, qui veut depuis longtemps se faire couper les cheveux par un des innombrables « coiffeurs de rue » passe à l’action. Résultat : spectacle en pleine rue, un occidental qui se fait couper les cheveux comme cela, ce n’est pas courant !
Uch Sharif, chez le coiffeur (en pleine rue !)
Le lendemain nous découvrons la mosquée Bhong : construite entre 1930 et 1980, cette mosquée, bien que récente, vaut son pesant de cacahuètes : elle réunit tous les corps de métiers et d’art du Pakistan, et les matières les plus nobles : or, marbre incrusté d‘onyx, etc. Toute l’œuvre a été financée par un homme riche de la région, cela a permis de faire vivre 1000 personnes sur le projet, il a même fait construire une ville autour, incroyable !
la magnifique et surprenante mosquée Bhong
Nous quittons le Punjab pour entrer dans le Sindh, pour quelques Km, le temps de traverser l’Indus, et malheureusement de longer d’innombrables tentes de fortune où se tassent encore des réfugiés des inondations de juin 2010, un « spectacle » saisissant.
Entrée au Balouchistan, direction Quetta, on se rapproche vite de la zone dite « dangereuse », mais nous resterons libres jusqu’à l’entrée de la ville. Là, nous demandons à ce qu’on nous emmène à un endroit sûr pour la nuit. On refusait les escortes jusque là, mais ici on ne veut pas jouer les warriors non plus… Et c’est là que le cirque commence ! Nous passerons plus de deux heures à tourner, entre les escortes qui changent toutes les 5 minutes et qu’il faut attendre, atteindre la zone militaire et se faire refuser l’entrée, se retrouver à l’Hotel Bloom Star de l’an dernier mais qui demande les yeux de la tête pour un parking entre 4 murs et une douche pourrie et froide (ce lieu, très connu des overlanders, a pris la grosse tête et maintenant profite de la situation pour charger la mule au niveau des tarifs), etc. Finalement, on finira devant un poste de police dans une voie sans issue, ma foi, on aurait pu trouver pire ! Ce soir-là, on fera copain avec les agents du poste, et ce sera poulet et kabab sur le sol du bureau !
Le lendemain, on décide de partir, cette ville ne veut pas de nous, tant pis pour elle ! Pour confirmer ce sentiment,
Julien se fera piquer son portefeuille à la volée, sur le marché en faisant les courses, les 5000 roupies qu’il nous restait pour finir la route et faire un dernier plein, Grrr ! Heureusement
qu’on a pu apprécier ce pays autrement jusque là !
Aller, en route pour l’Iran, on a 600 Km de désert sous escorte à faire, et avec tout juste assez de diesel !
Sortie de la ville, rien à signaler, on vogue librement, jusqu’à demander notre route à un check post, là, les gars
sont surpris de nous voir seuls, ma foi, « c’est par là ! »… Quelques Km plus loin, on nous arrête enfin, il faut attendre une escorte, « c’est dangereux cette route » !!!
« ben oui, on le sait, mais personne ne veut s’occuper de nous ! Nous, on veut bien avoir une escorte », « mais elle est où ? » « Bin on sais pas !!! » A
la fois amusé et surpris, ils nous demandent d’attendre 20 minutes le temps pour eux de s’organiser, et les voilà qui arrivent !
Pendant 2 jours de route à travers le Balouchistan , cette fameuse escorte aura été bien brinquebalante, on aura même
parfois roulé plusieurs dizaines de Km tous seuls ! On a même eu une fois un gars a un check post qui a refusé que l’on dorme là et quand Mélanie lui dit « mais on a perdu l’escorte, on
roule quand même ? » Le gars lui répond « bin oui, pas de problème !! » Mais on n’est pas au Pakistan ici ? C’est un pays sûr alors maintenant ???
Et puis, à chaque fois le même cirque, les gars posent pour la photo, avec leur AK47 et le pickup, ou alors on se
tapera un soldat d’au moins, aller, 70 ans, qui arrive à peine à monter dans le camion, et cela sur 200 Km !! Rassurant, non ? Plutôt étonnant, on ne se croirait pas dans une « zone
dangereuse » ! Et pour couronner le tout, v’là t-y-pas qu’un flic de je ne sais quelle police (il y en a plein de différentes au Pakistan d’après ses dires !!) nous propose du haschisch et
de l’opium le dernier jour !! Non, décidément, la police pakistanaise restera hors du commun à nos yeux !
le Balouchistan et quelques photos de nos escortes, qui sont très friands de photos
à droite, notre fier et non moins expérimenté garde (un peu trop peut-être...)
En plein coeur du désert du Balouchistan, une mer de sel, et des dromadaires...
Bref, nous voilà arrivés le 9 avril à la frontière, on dormira au même
endroit que l’an dernier, c’est-à-dire devant le bureau des douanes, parfait pour attaquer les formalités dès le lendemain matin et pour dire au revoir au Pakistan avec brochette riz et dessert
aux carottes, un vrai régal, le tout offert par les officiers de la frontière. Merci le Pakistan pour ton accueil des plus chaleureux.
10 Avril 2011, 9h20, Taftan Border
Passage de frontière simple et rapide côté pakistanais, on dit au revoir à un pays qui nous aura encore une fois touché, de part les
injustices qui y règnent et la résignation de ses habitants, toujours aussi gentils, souriants et accueillants.
Nous aurons parcouru 2565 Km pour cette seconde traversée du Pakistan