L'eau
Voici quelques questions posées "telles quelles" par les enfants :
1- A quoi ressemblent les rivières : de quelle couleur est l'eau ? est-elle polluée ? est-elle agitée ?
2- Y a-t-il des lacs et des rivières ? des mers ?
La plupart de ces questions sont très pertinentes ! Nous allons essayer d'y répondre, en proposant de les classer de la manière suivante : les différentes formes où se présente l'eau dans la nature (rivières, lacs, mers, ...) ; la facilité / difficulté d'accès ; les différentes utilisations de l'eau. Chaque partie sera alimentée tout au long de notre voyage.
I. L'eau dans la nature
En Europe, on observe de nombreuses rivières, lacs, de plutôt bonne qualité, spécialement dans les régions montagneuses. Nous avons traversé des pays ayant un accès très réduit à la mer (Slovénie, Serbie), et d’autres bordés par plusieurs mers (Italie, Grèce).
Iran : du Nord-Ouest au Sud-Est, nous aurons traversé un pays aride, avec très peu de rivières et de végétation. Pourtant, l’eau est bel et bien présente, mais sous terre !
Pakistan : toute la partie sud-ouest du pays s’étend une région aride, le Balouchistan qui est composé de montagnes désertiques ; cette région s’étend sur 3 pays : l’Iran, le Pakistan et l’Afghanistan. L’eau y est rare, il faut aller la chercher dans le sol, à des profondeurs parfois importantes (plusieurs dizaines de mètres). Lorsqu’on sort de cette région, on rejoint la vallée de l’Indus, grand fleuve qui descend de l’Himalaya, et traverse tout le pays du Nord au Sud, jusqu’à la Mer d’Oman. On voit très vite les paysages changer, d’un beige clair à un vert profond, on voit des arbres, des cultures, et beaucoup plus de monde !
En somme, c’est là que l’on s’aperçoit que : là où il y a de l’eau, il y a de hommes, ou plus largement, il y a de la vie !!
II. L'accès à l'eau
En Europe, tout le monde a l’eau chez lui qui sort du robinet. En particulier, en Serbie et Bulgarie, de nombreux points d’eau sont mis à disposition le long de la route
Turquie :
- en ville, les habitants ne boivent pas l’eau qui sort de leur robinet, ils s’approvisionnent par bonbonnes de 20 Litres d’eau minérale.
- à la campagne, on peut boire l’eau si elle est près de la source, il vaut mieux demander aux habitants s’ils la boivent eux-mêmes avant de s’y risquer.
- Sur la route : on trouve régulièrement des points d’eau , difficile de savoir si elle est systématiquement potable, on ne s’y risque pas
Iran : Il faut aller la chercher au niveau des nappes souterraines, en creusant des puits plus ou moins profonds, la remonter à l’aide d’une pompe électrique ou à main, puis la stocker dans des réserves (« tanks ») que l’on place à plusieurs mètres de hauteur, pour ensuite bénéficier de la gravité pour obtenir assez de pression au robinet, c’est le principe classique utilisé pour les châteaux d’eau !
En général, l’eau souterraine ne comporte pas de risque sanitaire majeur, mais si elle est stockée pendant plusieurs jours, il vaut mieux la traiter.
Pakistan, Inde : l’eau n’est pas forcément accessible facilement, il faut aller la chercher au puits, et sa qualité n’est pas très bonne. On achète systématiquement de l’eau en bouteille, pour notre consommation personnelle, l’eau que l’on prend dehors est réservée pour la toilette et la cuisine aussi, car elle est bouillie.
Globalement, l'utilisation de l'eau reste sensiblement la même à travers les pays, avec quelques variations : si la région est agricole, le premier consommateur d'eau sera l'agriculteur, si la région est industrielle, ce seront les usines qui consommeront le plus, et en zone urbaine, ce seront les habitants.
En terme de qualité, celle-ci aura des exigences différentes selon l'utilisation qui en est faite : l'agriculture sera le domaine le moins exigeant, l'industrie agro-alimentaire la plus exigeante, avec l'eau destinée à la consommation humaine. Autre exemple, pour les eaux de baignade, l'eau n'est pas forcément potable, mais ne doit pas présenter un risque au contact de la peau.
Grèce : plus des ¾ des toits des maisons sont équipés de chauffe-eau solaires, étant donné la région très ensoleillée (les plus chauvins disent que le ciel est dégagé 320 jours par an). Contrairement à ce que l’on pense, il ne s’agit pas d’une action du Gouvernement en faveur du développement de ce type de chauffe-eau, mais Dinos nous apprend qu’il s’agit un peu d’une mode, un peu comme avoir le dernier Ipod ou le dernier téléphone-GPS-ordinateur-micro-onde : surprenant, mais tant mieux, si la mode va dans ce sens , on économise de l’énergie fossile !
Turquie :
- Pisciculture : dérivation d’une partie du cours d’eau de la rivière de montagne, bassins successifs avec mini-chutes d’eau pour reproduire l’effet remout de la rivière et surtout pour oxygéner, et oui, les poissons respirent sous l’eau ! Elevage des diverses espèces existantes dans la région, vente et restauration sur place.IV. Cas particulier de l’Inde
L’inde sera pour nous le premier pays traversé où nous vivrons « la mousson ». Cette période de l’année, située en été, est exclusive aux régions tropicales du globe, à l’opposé de la saison sèche en hiver (et oui, ici, l’hiver, il fait 25 à 30°C, et il ne pleut quasiment pas !). L’énorme majeure partie des pluies de l’année sont regroupées en 2 à 3 mois. Des pluies diluviennes s’abattent sur le pays, les rivières et lacs sortent de leurs lits, entraînant tout sur leur passage, et notamment les ordures. Aussi, pendant cette période, beaucoup de routes deviennent impraticables.
Une des contradictions de ce pays porte sur l’eau ; en effet, l’Inde regorge d’eaux souterraines, lacs, rivières et il existe une saison des pluies 3 mois de l’année. Et pourtant, l’eau potable est un réel problème, car la plupart de ses sources sont polluées. On peut identifier plusieurs origines de la pollution : l’assainissement, c’est-à-dire, la gestion des eaux usées, y est quasi inexistant ; autrement dit, toutes les eaux qui sortent des ménages sont en général renvoyées directement dans l’environnement, sans le moindre traitement. Aussi, l’Inde est un pays très rural qui a développé son agriculture il y a quelques années en la modernisant, notamment en insérant systématiquement des produits chimiques pour fertiliser et protéger les cultures. Le résultat ne s’est pas fait attendre : cette agriculture n’est pas durable, et encore moins quand elle est appliquée « en masse », pour nourrir un milliard d’individus... Une des conséquences est que les eaux souterraines sont désormais fortement touchées, et pour de très nombreuses années, étant donné le très long temps de renouvellement qui existe dans ce type d’eau. Pour ce qui est des eaux superficielles (lacs, rivières), certes leur temps de renouvellement est bien plus court, mais l’énorme quantité de déchets laissés sur leurs bords, les eaux sales rejetées directement imposent une telle pression sur l’écosystème, que le résultat n’en est pas plus rassurant.
Même les eaux en bouteilles, traditionnellement « propres à la consommation » subissent un traitement lourd pour éliminer les constituants indésirables : germes comme produits chimiques. Il est très vivement conseillé de ne boire que l’eau en bouteille, mais quand on voit ce qu’elle a subi comme traitement, cela fait un peu peur tout de même ! Pour une très large majorité des marques mises sur le marché, le traitement consiste au minimum de deux traitements, et peut atteindre 6 traitements différents (ozonation, filtration, UV, charbon actif, osmose inverse, etc) !!! Malgré le fait que cela rende l’eau « consommable », la conséquence malheureuse est que l’eau perd tous ses minéraux qu’elle contenait « naturellement », et très rares sont les eaux reminéralisées après traitement : on ne voit en général aucune indication sur le contenu en minéraux des eaux en bouteille, chose improbable en Europe !
Pour ne pas dresser un tableau trop noir de la situation, on peut dire qu’il existe encore, et heureusement, des sources non touchées par l’activité polluante des humaines, mais celles-ci se font trop rares. Par exemple, l’école dans laquelle nous nous trouvons puise son eau du sous-sol, et sa qualité est plutôt bonne, elle est utilisée par tout le monde et pour tous les besoins (douches, WC, cuisine, boisson, potager), et on ne relève pas de problème majeur jusqu’à ce jour ! Cependant, pour palier aux variations saisonnières (alternance sécheresse / mousson), il semble nécessaire d’installer un système de filtration pour la partie eau de consommation, avec éventuellement une stérilisation. Ceci éliminera les matières en suspension et les germes éventuels présents dans l’eau.