Pakistan
Dimanche 22 Novembre, 8h30 heure locale
(+1h30) entree au Pakistan
Dès le premier jour, le convoi démarre sans notre escorte, qui était censée être là dès 7h30. Tant pis, il nous rattraperont de toute façon...
Grosse journée de route qui commence : les 150 premiers kms seront parcourus à une moyenne de 100 km/h, mais pour la suite, ça se gâte très vite, avec une chaussée
en très mauvais état,... quand il y en a une !... Et les dunes sur la route qui nous oubligent parfois à nous arrêter...
Dune sur la route
Notre convoi à l'arrêt... quand la nature reprend ses droits
Sur la route, on découvre enfin les fameux camions Pakistanais : de véritables oeuvres d'art roulantes, suivis de très près par les tracteurs...
Camion
pakistanais, avec des chargements toujours plus impressionants...
La nuit tombe et les 50 km/h de moyenne (voire même 30 km/h), les multiples arrêts aux barrages de police/militaire, ainsi que les changements
d'escorte (voiture, moto, soldat dans les véhivules...) nous obligent à bivouaquer en plein coeur des montagnes du balouchistan. Oui, une grosse journée de route qui nous aura bien épuisés.
Le lendemain départ 8h00 du matin direction Quetta. L'état des routes est le même, mais tout est relativisé par la beauté des paysages que l'on découvre
: une région montagneuse semi-aride, où la population y est des plus chaleureuses, le sourire et le geste y sont faciles.
Un arrêt dans un village et un attroupement d'enfants se forme aussitôt autour de
nous. Elisabeth leur prend un vélo et joue au ballon avec eux. C'est le temps d'un moment de partage où la barrière de la langue n'existe plus, un moment d'échange dans les rires et le jeu...
Piste en plein balouchistan...
La fin du jour approche, malgré le gain d'1h30 de soleil depuis l'Iran, et notre route inexorable vers l'est rapproche le coucher du soleil à 17h00.
Nous passerons la nuit dans un parking d'hotel au centre de Quetta.
1ère sortie dans la ville et 1er "choc" : les seules femmes que l'on croise font
partie des nombreux mendiants (les autres sont-elles cloitrées à la maison ?), la circulation folle où se croisent charettes à chevaux ou ânes ou hommes, rickshaws, voitures, bus, vélos... Toute
cette vie qui grouille partout. On se rend compte que l'on a vraiment changé de monde... C'est aussi l'heure de nos 1ères courses et de notre 1er marchandage car ici tout se négocie, oui, TOUT
!
Sous le foin, une charette et qui tire la charette ?
Gagné !!! le dromadaire
Le soir, nous partagerons le repas tous ensemble, et passerons une bonne et longue nuit, car demain grasse mat' !
Cette 3ème journée en formule " convoi + escorte" nous fait nous rendre compte à quel point ce rythme ne nous convient pas. Les inconvénients de cette formule commencent à nous peser, mais pas seulement à nous, cela pèse aussi sur chacun d'entre nous et sur l'ambiance du groupe : le rythme soutenu de la route, le fait de ne pas pouvoir s'arrêter quand on en a besoin (admirer une belle vue, se restaurer, aller au petit coin...), les rythmes très différents de conduite dus aux types de véhicules là encore très différents... C'est décidé, à partir de demain, nous nous arrêterons dès que nous en ressentirons le besoin, et nous prendrons le temps qu'il nous est nécessaire, au risque de perdre l'escorte.
Vers les midi, nous faisons une halte dejeune, nous n'avons a present plus d'escort mais le convoi tiens a garder un rythme trop soutenu pour nous. Nous decidons de prendre plus de temps que les autres et nous nous donnons rendez-vous plus tard sur la route, près d’un fameux temple à visiter.
1er moment tout seul au Pakistan
Y a pire comme paysage non ?
Nous ne trouverons jamais ce temple, que nos collègues n’auront jamais trouvé non plus, d’ailleurs ! La nuit s‘approchant, on nous indique un hotel avec parking situé dans la prochaine ville, Rahim Yar Khan. Mais notre arrivée tardive dans la ville rend la recherche difficile. Nous nous faisons alors guider par un habitant en voiture : c’est alors que commence une course folle dans une ville pakistanaise, qui plus est, de nuit !!
Julien au volant, il faut éviter les ânes, les vélos, le piétons, voitures, etc., la plupart sans éclairage. Pendant la « filature », la route passe sous un pont peu élevé... ça passe ? en douceur... un gars à vélo nous fait signe que c’est bon,... et CRAC ! La caisse du toit y laissera des plumes : ses deux réflecteurs sont cassés, bon ça va, ce n’est pas trop grave !
Arrivés sains et saufs à l’hôtel, bien que crispés et épuisés de cette expérience folle de conduite nocturne urbaine au Pakistan, nous nous retrouvons dans une confortable et réconfortante chambre. Résultat : Zinzin dort dans la rue, bien gardé, comme nous-mêmes qui aurons un gardien devant la porte de la chambre toute la nuit !
Nous rencontrerons dans la soirée un médecin, avec qui nous échangerons quelques mots intéressants à propos de son pays, et de ses besoins en terme d’aide au développement.
Au petit matin, nous devons attendre le chef de police et son équipe pour nous en aller. Celui-ci nous prend sous son aile, un brin paternel, et nous « aide » à retirer de l’argent (!) puis à sortir de la ville.
Nous décidons de faire route vers une réserve naturelle, dans un îlot de verdure. Arrivés dans la réserve, le seul hôtel, désert, nous permet de nous garer, d’utiliser les sanitaires et de brancher Zinzin sur le secteur, moyennant quelques dizaines de roupies par jour.
Petit arrêt dans un parc au fin fond de la vallée de l'Indus
Le mimosa le plus grand que l'on ai jamais vu !!!
C’est ici que nous retrouverons nos collègues d’escorte, Jacques, Elisabeth, ainsi que Norbert, Stéphanie et leurs deux enfants. Ces derniers se joindront à nous pour une soirée quelque peu « épicée » : le cuisinier de l’hôtel nous aura préparé un festin, particulièrement relevé ! OK, maintenant, on sait à quoi s’en tenir !
Le surlendemain, nous continuons la route vers Lahore, où nous quitterons nos amis. En effet, nous voulons tenter de renouveler notre visa de tourisme indien à Islamabad, la nouvelle capitale, car celui-ci a déjà 3 mois d’ancienneté, il nous resterait donc seulement 3 mois permis à passer en Inde, avant de devoir ressortir du territoire. De Lahore à Islamabad, nous empruntons la première autoroute du pays, fréquentée par la « haute société » pakistanaise, totalement dégagée d’obstacles (enfin, presque).
Le lendemain, nous arrivons avec pour objectif premier de trouver de quoi s’installer. Ni les parcs, ni les hôtels n’acceptent Zinzin. Nous nous apercevons que nous ne sommes pas à Islamabad, mais dans la ville adjacente Rawalpindi. Nous décidons d’aller trouver le premier poste de police pour au moins y passer la nuit. Barrières et sacs de sable à l’entrée, le chef de police nous apprend que nous ne devrions même pas être dans le quartier, soumis à autorisation pour les ressortissants étrangers. Ils ne peuvent pas non plus nous héberger, car ils sont à la fois sous le contrôle de l’armée, et sous la menace permanente d’un possible attentat. Notre traducteur, un jeune informaticien engagé dans la police, cherche à nous aider et nous indique finalement une aire de camping non loin de l’enclave diplomatique à Islamabad. Nous nous y rendons, non sans avoir saluer Bilal, que nous espérons bien revoir plus tard.
L’aire de camping, un terrain enherbé sous les arbres, protégé par une cellule de l’armée, placée au fond du jardin, allez comprendre l’utilité..., est gérée par un gars un peu fou mais gentil. Pour un euro la nuit, des toilettes / douches effrayantes, mais très bien situé par rapport aux ambassades.
Elles sont belles les herbes !!
Nous y ferons la connaissance d’un couple de jeunes suisses, Nathalie et Simon, qui, après avoir passé un an en Inde et 9 mois au Pakistan, amorcent la route du retour en ... Coccinelle !! Au passage, leur première envie était de rentrer en... ânes !!!! Mais trop compliqué par rapport aux passages de frontières, et aux documents administratifs requis.
Nathalie et sa chienne, ainsi qu'un norvegien arrive le jour meme. Simon etait partie s'occupper des papier de la cocc ce
jour la...
Nous découvrirons ici les joies de la queue à l’ambassade et d’une ville « utile », car construite récemment pour établir une capitale plus au centre du pays, par rapport à Karachi, située au Sud du Pays. Les rues sont numérotées et classées par secteur (G4, H3, F7).
Nous repartirons bredouilles en direction de Lahore, avec nos visas originaux, condamnés à ressortir d’Inde mi-février.
Pendant ces quelques jours, au moins trois bombes auront explosé entre Islamabad et Rawalpindi. Ici, c’est le triste quotidien. Nous repasserons voir notre ami Bilal, pour prendre ses coordonnées, en espérant le voir à notre retour, chez lui.
La visite de Lahore fut une belle surprise : mosquée et église catholique en grès rose / rouge, fort immense, vieille ville grouillante de vie... Probablement le site historique le plus impressionnant que nous ayons rencontré jusqu’alors.
Le lendemain, départ pour la frontière « Wagah Border » : il est 15h, nous arrivons trop tard pour la traverser, nous passerons la nuit dans l’hôtel. Cela nous permettra de retarder notre « au revoir » à ce pays qui nous a vraiment touché, par l’humanité de ses habitants. Nous en profiterons d’abord pour assister à la quotidienne cérémonie de clôture de la frontière, véritable show où des centaines de pakistanais et des milliers d’indiens se pressent sur leurs tribunes respectives, de part et d’autre de la frontière, pour encourager leur « équipe » ! Ambiance garantie, spectacle surprenant et prenant, à tel point que nous finirons nous aussi à chanter à tue-tête avec les pakistanais !
Nous rencontrerons ensuite Latif dans son book shop : il échange ou achète tout, vieux portables contre bouquins ? OK, top-là !
Ensuite, nous décidons de manger à l’hôtel avant de dormir dans Zinzin. Le cuisinier prend notre commande, nous sommes prévenus que l’attente sera un peu longue, alors nos hôtes nous invitent dans l’une des chambres de l’hôtel : le manager, 2 employés et un chauffeur de bus indien. L’apéro commence (whisky et eau gazeuse) et une longue discussion sur la fraternité des peuples indo-pakistanais commence. Malgré les haines respectives que se vouent ces deux frères ennemis, cet endroit improbable, un hôtel entre deux frontières, montre des gens prônant la paix et le partage. Belle leçon de vie !
C’est alors qu’un des employés, Arif, sort son « dolakh », percussion en bois à 2 peaux opposées et au son proche des tablas indiens. Il commence alors à nous jouer des rythmes issus de la musique Sufi. D’un clin d’œil, Mélanie propose d’aller chercher les instruments. Surpris et contents, nos hôtes apprécient l’échange, et Mélanie vivra un moment unique dans sa vie de musicienne en « bavardant mélodieusement » avec sa flûte et Arif et son dolakh.
Le cuisinier s’impatiente : il a mauvais caractère, mais est très gentil, nous assurent nos hôtes. Pendant le repas, nous ferons la connaissance d’Alison, une anglaise qui parle anglais (of course !), français et... Urdu couramment !! Le ventre bien rempli et les papilles soulagées, une dernière session musicale et au lit !
Le lendemain, notre petit déjeuner sera accompagné d’un duo dolakh-chant, avec Arif et son compère chanteur, puis une dernière petite session avec Mélanie, mais moins satisfaisante car trop de bavardages autour. Ensuite, le manager nous accueille dans son bureau et nous parlons de son pays, de sa ville, Gilgitt, située dans le cachemire pakistanais, et nous y invite pour notre retour. Arif, fier de nous montrer sa carte de membre de l’Eglise catholique, nous fait comprendre à quel point cette expérience l’a ému, nous faisons de même.
C’est la larme à l’œil que nous devons quitter ce merveilleux pays, avec une seule envie : y séjourner plus longtemps lors de notre retour.
Nous avons parcouru :2946 Km