Iran
Dimanche 15 Novembre, 12h00 heure locale
(+ 1h30) entrée en Iran
De toutes les frontieres traversees, celle-ci merite qu'on s'y attarde un peu : à la douane, premier contrôle au service sanitaire, avec prise de température au front, puis bureau d’accueil des touristes : mise en garde sur certains problèmes que nous pourrions rencontrer, informations diverses sur le cash (pas ou peu de distributeurs automatiques de billets dans le pays), le gasoil (normalement réservé aux véhicules lourds), il nous donne une carte de la région, bref nous met en confiance et finalement ne nous apprend pas grand’chose par rapport à ce que nous savions déjà. Deuxième contrôle dans la pièce suivante où on relèvera notre itinéraire prévu dans le pays. Changement de bâtiment, prise d’empreintes, contrôles divers et variés, voire même répétitifs, le tout entourés de gens qui nous proposent sans cesse du change, pas simple l’entrée en Iran ! Passage à la banque : pour cause d’embargo américain, nos cartes (visa et eurocard) sont inutilisables dans le pays !! Alors là, ça coince, parce que, comme de gros malins que nous sommes, nous sommes entrés dans le pays avec... 38 € !! Humm, problème... Passons d’abord la frontière, on avisera.
Cette fois, c’est au tour de Zinzin de passer les contrôles (ben oui, il a son passeport et son visa lui aussi, cela s’appelle le carnet de passage !). Mélanie s’en occupe, rentre dans le bureau, et se cogne à une sorte de mépris / ignorance vis-à-vis d’elle... Ok, pas grave, elle attend, puis le « chef » se décide enfin, vient au camion et fait comprendre à Julien que son téléphone portable lui plaît, se fait insistant, nous le lâchons sans problème, nous y étions préparés. Barrière ouverte, nous sortons, mais sans le carnet de passage... Demi-tour ! Nous le retrouvons et voilà qu’il nous réclame le chargeur du téléphone (et pourquoi pas l’argent du beurre, non mais !) ; refus, il rechigne mais finit par signer et tamponner le CPD en nous disant qu’il faut que cela reste entre nous ; c’est bon, on peut partir !! Un petit kilomètre plus loin, encore une barrière, la dernière semble-t-il...
Passage refusé, il manque un tampon bleu au dos du document qui lui est destiné, une histoire d’assurance, bien que nous soyons déjà assurés ; bon, et bien faisons demi-tour et rendons-nous dans le bâtiment rouge que l’on nous indique, ma foi, restons patients. Dans le bâtiment, Julien apprend qu’il ne s’agit pas d’assurance, mais d’une « carte diesel » qu’il faut acheter pour pouvoir ensuite s’en procurer dans le pays, pour seulement 1000 € !!! Hors de question, on se débrouillera avec les routiers ! Malgré une discussion de 15 minutes avec une traductrice par téléphone, Julien, ressort bien remonté et prévient Mélanie. Après réflexion, on se dit que quitte à attendre, on va retourner voir le gars du bureau du tourisme, il semblait correct... Déterminés à ne pas nous laisser faire, nous nous mettons en route à pied à travers les poids lourds. Sur la route, un jeune chauffeur turc nous adresse la parole, nous lui racontons l’embrouille, il nous dit que leur système est tordu, et qu’il ne faut rien lâcher ; nous continuons, puis nous nous apercevons qu’il remonte lui aussi, et il nous prend sur la passage. Merci routier pour ton avis éclairé, et de nous avoir remontés jusqu’au bureau principal !
La personne que nous recherchons a terminé sa journée, que faire ? Le temps d’errer dans le bâtiment, un homme qui avait facilité la traduction auparavant vient dans notre direction en nous demandant ce que nous faisons encore là. Il s’appelle Max, la soixantaine, cheveux longs attachés et barbichette, bien sapé, typé iranien, mais de nationalité canadienne, étrange personnage. Toujours est-il qu’il nous emmène directement voir le big boss de la douane iranienne, la classe ! Nous sommes reçus dans son bureau, lui expliquons le problème, un coup de fil, et tout est réglé, sur fond de « vous êtes les bienvenus en Iran, nous désirons que tout se passe pour le mieux entre nos deux pays, vous comprenez, etc ». Nous le remercions et prenons congé. Dehors, nous recroisons un des responsables du début qui nous fait remarquer que nous avons « lâché » un téléphone à un de ses subordonnés, nous comprenons que l’info circule vite et que nous avons certainement fait une erreur, alors qu’il ne fallait rien lâcher du tout !!! Résultat, les autres ont voulu en profiter aussi...
Ce sera pour nous un premier enseignement sur le « bakchich » : nous encourageons la corruption en agissant ainsi, les représentants de la loi sont des personnes intègres et doivent le rester.
Pendant notre redescente vers Zinzin et le bâtiment rouge, le big boss se pointe en voiture en nous proposant de nous y emmener, voulant s’assurer que tout se passe bien cette fois-ci. On y croise alors les employés du bureau, grands sourires aux lèvres, du genre « sans rancune ?! », devant le big boss...
Tampon bleu obtenu, direction la dernière barrière avec Zinzin. Mélanie s’en occupe, bien remontée après toutes les démonstrations de mépris envers elle, simplement parce que c’est une femme. Rebelote, ils nous coincent à nouveau, mais se trouvent sans réponse quand nous leur demandons la raison. L’un d’eux balbutie qu’il veut faire un contrôle (encore un !). On sent qu’il est destabilisé. Des hommes commencent à s’agglutiner autour de Zinzin ; du côté de Mélanie, on lui conseille de se débarrasser du policier en lui donnant 5 €. Ah non, un portable, ça suffit ! Du côté de Julien, un traducteur s’interpose, Julien, fait comprendre que le big boss est au courant, que cela suffit comme ça, et que l’on veut passer sans plus attendre. Un coup de fil et c’est OK, barrière ouverte !! En s’éloignant, on voit les 3 gardiens s’embrouiller entre eux, pas très contents de nous avoir laissés passer sans rien obtenir de nous. Après 4 heures de galère, nous pouvons ENFIN pousser un ouf de soulagement, avec un petit brin de fierté : on n’a pas lâché, yes ! Mais la prochaine fois, nous résisterons dès le début !
15h30 heure locale, nous voici enfin en Iran ; cette expérience nous a un peu refroidi et
nous espérons rencontrer rapidement des iraniens sympas, pour ne pas rester sur cette première impression !
Direction
Maku, pour y changer nos quelques euros : pas de banque en vue, nous rentrons dans un restaurant pour se renseigner. Difficile de se faire comprendre, l’un des iraniens appelle un anglophone
qu’il passe à Julien, puis une femme entre dans le resto, elle parle un peu anglais, mais le dialogue reste difficile, elle comprend seulement qu’on à 38 € pour traverser l’Iran. Ils discutent
entre eux l’un d’eux nous propose de le suivre, vers ce que l’on suppose une banque.
Après 10
minutes de route dans la ville, nous voici devant un bâtiment. A l’intérieur, un homme nous accueille, il est professeur d’anglais, et nous invite à intégrer son cours avant de s’occuper de nous.
Tant pis pour la banque, nous acceptons avec grand plaisir. Dans la salle de classe, les garçons et les filles sont séparés ; nous assistons à la séance, puis une des filles demande au
professeur s’il peut s’arrêter là, pour pouvoir échanger avec nous : c’est vrai, des français à disposition, l’occasion doit certainement être rare, chez eux ! Commence alors une avalanche
de questions auxquelles nous nous efforçons de répondre. Le prof en profite pour inciter ses élèves à nous parler directement en anglais. Nous apprenons que nous sommes dans un cours de soutien
et que les élèves ont entre 12 et 26 ans. Le court terminé, nous sommes invités à poursuivre la discussion dehors ; les filles en profitent pour donner à Mélanie son premier cours de voile
et l’assaillir de questions sur nous (un couple non marié, c’est inconcevable chez eux), pendant que Julien règle des problèmes plus matériels. Deux des élèves, employés à la douane, se proposent
de nous emmener jusqu’à une station service (ah oui, parce qu’en plus du manque de cash, nous manquons de gasoil, belle image du français que l’on donne là, tiens !). Cool, ce sera déjà cela
de gagné : nous acceptons et les suivons avec Zinzin.
Quelques kilomètres en dehors de la ville, nous sommes sur la route de Téhéran et arrivons enfin à la station. Ils s’occupent de négocier, nous font signe, et hop, on fait le plein grâce à un chauffeur poids lourd. Julien veut payer les 2 gars qui refusent ; oui bon, avec 9000 Rials les 60 litres, soit 1,40 € le plein, cela peut se comprendre... Ensuite, ils nous demandent comment nous comptons faire avec 38 € euros en poche, pas de retrait de cash possible, pour traverser l’Iran, soit quelques 2500 Km, et aussi si nous comptons repasser par ici lors du trajet retour. De notre côté ce sera difficile de faire autrement ; l’un des deux réfléchit, puis nous propose de nous prêter de quoi faire la traversée, on lui rendra à notre retour ! Il remet alors à Julien 1 million de Rials (soit environ 70 €), en lui montrant toute sa confiance. Surpris, gêné, Julien refuse mais l’homme insiste, Julien propose au moins de lui rembourser avec nos quelques euros en attendant : non rien du tout ! Là dessus, il nous laisse ses coordonnées, l’autre nous achète 2 bananes à un vendeur, et bonne route à tous les deux !!! Avec un plein de gasoil, 1 million de Rials et 2 bananes, nous voici prêts à traverser l’Iran en 7 jours, nous partons, tout ahuris de ce que nous venant de vivre. Nous voulions une nouvelle image des iraniens après l’épisode de la frontière, nous avons été servis ! Merci mille fois et rendez-vous l’année prochaine, sans faute !
Sur la route, nous ne réalisons toujours pas comment une telle générosité peut exister et à
quel point nous avons de la chance de croiser sur notre route des personnages aussi humains... Pour finir notre journée, nous décidons de nous arrêter dans un restaurant, cela nous permettra par
la même occasion de squatter le parking pour la nuit. Le second sera la bon : un relais routier turc, avec le thé en guise d’accueil. Le dialogue étant difficile on nous conduit dans les
cuisines pour choisir notre repas : que de bonnes odeurs ! A notre disposition : WC, douche chaude et même une pièce pour soi, avec coussin, tapis et poële chaud (Mélanie en
profitera à fond, il y a même un sèche-cheveu !) ; on gare Zinzin un peu à l’écart, à plat : trop bien !
Sortis de la douche, nous tombons sur Bedi,
notre copain chauffeur turc qui nous avait aidé à la douane et son collègue Agi... Ben ça alors, quelle coïncidence ! Nous parlons de la route, Bedi parle un mélange d’allemand et d’anglais,
finalement assez compréhensible ; ils nous donnent une carte du pays, puis nous proposent de faire la route ensemble jusqu’à Téhéran, leur destination finale. En plus de nous guider sur la
route, ils pourront nous faciliter l’accès au gasoil grâce à leur carte diesel. Ben pourquoi pas, suivons-les ! La journée a été longue et forte
en émotion ; nous prenons congé, éreintés, sans payer car le gérant refuse en bloc, nous sommes ses invités. Décidément, ce premier jour en Iran nous aura été plutôt
« bénéfique » !!
Lundi 16 Novembre, décollage à 10h00, nous retrouvons nos collègues poids lourds à la
station service quelques km plus loin. La route est simple, : direction Tabriz dans un premier temps, ensuite ce sera autoroute jusqu’à la capitale. Au niveau de Tabriz nous nous sommes
perdus de vue : pas grave on se retrouvera bien sur l’autoroute ! Petite erreur d’appréciation et première expérience de conduite dans une ville iranienne : c’est la folie, le pire
qu’on est pu voir jusqu’ici ! Perdus au milieu de la circulation, nous demandons notre chemin, : pas de problème, suivez-nous ! et
voilà qu’on nous emmène jusqu’à l’entrée de l’autoroute, le stress peut retomber. Trois heures plus tard, retrouvailles avec Bedi et Agi, on continue la route ensemble, puis direction une station
service. Nous comprenons très vite que les routiers sont souvent assaillis pour fournir du gasoil à ceux qui ne possèdent pas la carte, trop chère et difficile à obtenir, un vrai trafic
s’organise autour des stations.
Nos copains routiers
On reprend la route, traversée de
paysages lunaires magnifiques, des montagnes aux strates de couleurs variées, un vrai plaisir pour les yeux !
Mais pas le temps de traîner, rouler, c’est un métier pour Bedi et Agi, alors on prend le pli ! Arrivée sur Téhéran vers
22h30, au terminal de la douane pour les TIR (transports routiers internationaux), où nous passerons le nuit, avec déjà plus de 1000 Km parcourus. Manœuvre hasardeuse pour Mélanie, et bam !
dans le camion de Bedi, mais plus de peur que de mal, ouf, mais quand même, c’est gênant, il nous aide bien gentiment, et voilà comment on le remercie ! Mais il en rit et nous pardonne,
évoquant la fatigue.
Merci a vous les amis et bientôt sur les routes
La soirée sera courte, devant la cuisine de Bedi, thé et petits gâteaux, puis dernier plein de gasoil à partir de leur
réservoir, 60 L pour eux, ce n’est rien, et pas de souci d’argent, vu le prix que cela coûte ! Comme si cela ne suffisait pas, Agi nous donne une carte diesel chargée pour 100 litres de gasoil,
encore une fois pas de souci, il en a d’autres, vu son travail ! Nous voilà chargés à bloc, prêts à affronter les routes iraniennes, en solo !
Mardi 17 Novembre, on s’en va direction Esfahan, avec les dernières indications de Bedi, encore merci pour tout et à bientôt,
« on the road » !!!
A Esfahan, première expérience de négociation avec un chauffeur poids lourd (on préfère garder la carte « au cas
où ») : comme une lettre à la poste, on fait le plein pour seulement 10 000 Rials (0,70 €) !! La nuit tombe, il faut vite trouver un coin tranquille, on s’arrêtera sur la parking
d’une station service / restaurant / mosquée / épicerie. Pendant et après le repas, les deux employés, Ali et Marty, nous donneront nos premiers cours de Farsi. La nourriture iranienne est
excellente, nous sommes d’ailleurs surpris qu’elle ne soit pas épicée.
Devant leur enthousiasme grandissant, Mélanie commence à sentir un léger malaise : c’est la seule femme dans le restaurant (elle n’y sont pas autorisées, seulement mariées et accompagnées). Un homme entre, salue tous les hommes dont Julien, et même pas un regard pour Mélanie : quand il repart, idem ! Difficile à avaler, mais nous nous plions à la coutume sans faire de remarque, et la soirée continue, on ira même jusqu’à sortir les instruments, sous leur insistance. Ils nous filment avec leur portable, en prétendant que cela fera le tour d’Esfahan ! Aussi, ils nous assommeront de questions sur l’argent, la religion et le mariage, cherchant à comparer constamment nos deux pays. Un détail flagrant de leur manque de connaissance ( ou de leur désinformation) : ils sont persuadés que notre monnaie est le dollar !! A méditer...
Nous allons nous coucher vers 00h30, fatigués de ces trois jours de route, mais aussi par cette soirée, où deux mondes radicalement différents s’entrechoquent.
Mercredi 18 Novembre, on fait le plein d’eau, on discute un peu avec Marty, qui nous
fait finalement visiter « l’arrière cour » : nous sommes surpris d’y trouver un potager, irrigué par une source captée en profondeur.
Dans la cuisine, suite du cours de farsi, Ali est de retour,
Marty
Ali
puis arrive le big boss du mini-complexe station service/restaurant/épicerie : il salue les hommes, pas un regard pour Mélanie, puis 5 minutes après, lui adresse la parole, lui montre des
photos de sa famille, de mosquées et d’imams, etc. Encore une fois, nous ne comprenons pas vraiment ce comportement... Plus tard, nous serons rassurés, et un peu honteux de notre ignorance :
ne pas saluer une femme dans un groupe revient à lui témoigner un grand respect... ouf, l’honneur est sauf !
Big boss !!!
Nous devons partir, malgré la mini-tempête de sable qui s’est levée. Cette matinée de relâche était nécessaire pour se reposer,
mais aussi pour continuer à échanger de manière un peu plus détendue avec nos 2 amis.
La route reprend, nous ne ferons que 300 Km ce jour, jusqu’à Yazd, où il y aurait plein d’hôtels en espérant que l’un d’eux nous
acceptera sur son parking... Mais ils restent introuvables, Mélanie, pour la première fois, s’énerve au volant entre fatigue, foulard qui la gêne, et chauffards indisciplinés, ça
suffit !!!
Finalement nous sortons de la ville, et finissons sur le parking d’un resto/snack de bord de route, pas top, mais suffisant pour y passer une bonne nuit, car demain, une grosse journée de route nous attend.
Jeudi 19 Novembre, départ pour Kerman à 10h00. Sur la route, nous sommes loin de passer inaperçus : coups de klaxon et sourires se multiplient. Quelques observations de la vie au bord de route : on y trouve beaucoup de mosquées ou de simples salles de prière, mais aussi des réserves d’eau chaude à disponibilité, car tout le monde, ou presque, conduit avec son thermos de thé dans le véhicule ! La nuit, pour signaler un danger sur la chaussée, on allume un feu 200 mètres en avant, c’est le triangle de signalisation version iranienne, en somme !
Le soir, nous poussons jusqu’à Bam, sans croiser une seule station service sur plus de 150 Km, et là, ça commence à être critique... Nous trouvons un hôtel, négocions le parking, mais sans succès, on nous propose en revanche une chambre pour pas cher du tout (10 $), étant donnée la classe du lieu. Hésitation, Julien meurt d’envie de profiter d’un peu de confort, Mélanie est sur ses gardes : la loi islamique interdit formellement les couples non mariés à séjourner dans une chambre d’hôtel ; en plus, le réceptionniste garde nos passeports pour les signaler à la police, c’est la procédure obligatoire. Ok, Julien cède, autant éviter de jouer avec les lois du pays. Nous récupérons les passeports, le réceptionniste appelle la police pour nous escorter vers la station service la plus proche. « Ah bon, ça commence déjà, l’escorte de police ? » Et un ballet très bien huilé s’ouvre sous nos yeux ébahis : pas moins de 6 voitures et une moto se succéderont sur les 50 Km qui mènent jusqu’à la station, puis le poste de police de Fahraj, où on nous indique que nous pouvons passer la nuit. Nous sommes aux portes du désert et de la région du Baloutchistan.
Vendredi 20 Novembre, départ à 10h30 en escorte, plongée dans le désert. Nous
rattrapons une autre escorte de deux 4x4, dont un est équipé d’une cabine camping-car.
Nous prenons les paris sur les nationalités : pour le premier, nous perdons tous les deux, il s’agit d’islandais ; on
se rapproche du second, « tiens, des français », on se rapproche pour voir la plaque : « tiens, des lyonnais !!! » On n’en revient pas, d’autant plus que nous
n’avons pas croisé le moindre touriste depuis le début de la Turquie ! Quelques Km plus loin, le convoi s’arrête le temps d’un relais d’escorte, présentations : Sveinn, Margaret et la
petite Maria dans le Land Rover, et Elizabeth, croixroussienne, et Jacques, québécois, dans le Toyota.
Ils rejoignent d’autres français à Zahedan pour traverser la Baloutchistan irano-pakistanais en convoi et nous proposent de nous joindre à eux : et bien c’est parti, cela va faire du bien d’avoir un peu de compagnie, depuis le temps que nous roulons seuls !
Quelques petits conseils de Jacques et Elisabeth, sur la route depuis 4 ans : ne présenter que les copies de nos passeports à chaque escorte, ne pas se laisser mener, et aller à notre rythme. Petite illustration : on voit Jacques arracher des mains du soldat ses papiers qu’il ne voulait pas lui rendre, quelle assurance ! Mélanie étant déjà dans cet état d’esprit, Julien, lui, se croit encore dans le monde des bisounours : « bah, ils nous les rendrons ben plus tard, faut pas s’inquiéter »...
Sur la route de Zahedan, un soldat monte avec nous dans Zinzin, Julien devra partager sa place avec lui, mmh, pas très confortable. Nous devons nous arrêter car des collègues à lui sont sur le bas côté, et il descend les rejoindre. Nous nous regardons, et forts des conseils de Jacques, démarrons sans plus attendre, de toute manière ils nous rattraperont ! C’est bien la première fois que nous semons un agent de sécurité, chose impensable dans notre pays !
Pour la pause déjeuner, même bras de fer : l’escorte exige de nous de continuer la route, nous resterons où nous sommes malgré tout. Arrivée sur Zahedan, après d’innombrables changements d’escorte, d’attentes et de check-points. On va faire le plein, mais les consignes dans cette région frontalière sont bien plus strictes et le gasoil y est rationné. Cela paraît compliqué, tant pis on verra demain matin, filons vers l’hôtel où nous attendent nos confrères. Norbert, Stéphanie et leurs deux enfants sont là depuis une heure, et ont déjà payé le parking 15$, hallucinant !! S’engage alors une négociation qui durera en tout 3 heures, au final, on aura quand même une douche pour ce prix-là !
Samedi 21 Novembre, départ 8h00, on fait le plein des 4 véhicules en une demi-heure, pas mal du tout ! Nous partons pour la frontière, au rythme des escortes, mais notre plus grand nombre nous permet d’imposer notre rythme, sans par exemple s’arrêter systématiquement à chacune de leur demande. Un petit bras de fer s’installe entre la police/les militaires et nous, mais nous en avons marre de rouler à 50 Km/h alors que la route permet le double ! 11h30, arrivée à la frontière, soit 3h30 pour faire 100 Km !! 2 heures de formalités côté iranien, 2h de plus côté pakistanais ; le dernier papier étant enregistré à 17h00 heure pakistanaise (soit + 1h30), il est trop tard pour continuer la route, nous dormirons devant le bâtiment des douanes de Taftan, entre les 2 frontières. La soirée sera vraiment sympa, avec nos hôtes (brochettes, thé...).
Dimanche 22 Novembre, 8h30 heure locale, entrée au Pakistan, nous aurons parcourus 2866 Km à travers l’Iran.